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Famille / Au cœur back  Retour
Chere Grand MereAlzheimer, tel un voleur, subtilise les souvenirs les plus précieux d’une vie d’amour partagé.

Chère Mamie,

Parfois, ta mémoire est là, d’autres fois, c’est le néant. Certains jours rayonnent de lumière, d’autres sont emplis d’obscurité.

Où es tu Mamie …celle que j’appelais ‘Grand-mie’ étant enfant ? Mes souvenirs sont remplis d’un tel amour et d’un tel bonheur pour avoir grandi à tes côtés. Je me rappelle des desserts glacés que tu nous préparais dans de délicates coupes en verre (le congélateur était le premier endroit que j’inspectais en arrivant chez toi) et de la grande bassine en étain, dans laquelle tu me laissais jouer durant des heures (avec quantité de bulles). Je me souviens de cette douce diplomatie dont tu usais pour décider à quel enfant revenait le droit d’employer l’éteignoir pour les bougies du dîner. J’ai toujours su que tu étais profondément heureuse de passer ces instants avec moi.

Je me souviens de ta joie à la naissance de tes deux arrière petits fils et de ma propre joie quand tu a commencé à leur enseigner tout ce que tu m’as appris.

Je me souviens de l’amour et des encouragements que tu m’as témoignés, à travers les années, dans toutes mes entreprises. Tu as toujours été mon plus grand fan.

Je me rappelle, Mamie…j’aimerais que tu le puisses aussi. La maladie d’Alzheimer est semblable à un voleur qui prend pour lui les souvenirs les plus précieux …les souvenirs d’une vie pleinement vécue …d’une vie d’amour partagé.

Alors que la maladie gagnait du terrain, le temps que nous passions ensemble me causait une telle anxiété et une telle peine. Comment est il possible que tu ne reconnaisses plus ta petite-fille…que tu ne te rappelles même plus mon nom ? Ces questions sont demeurées sans réponse, mais elles ne me tourmentent plus.

Grâce à mon étude continuelle de la Torah, des prières et de l’Histoire juive, je suis parvenue à considérer la vie différemment, ces dernières années. Cette évolution personnelle de mon identité juive, basée sur la connaissance et les traditions, m’a aidée à comprendre que même si tu n’es plus la même, mentalement et physiquement, ta néchama, ton âme, demeure inchangée. J’ai appris à tirer partie du temps que nous passons ensemble, en cherchant constamment en toi tout ce qui s’y est toujours trouvé la patience, la gentillesse et l’amour. Chaque visite auprès de toi ajoute une nouvelle dimension à ma vie, à mon rôle sur terre.

C’est incroyable tout ce que tu m’enseignes. J’ai tant à apprendre.

Je t’aide dans tes activités quotidiennes…tu m’enseignes de nouvelles façons de faire les choses. Je t’aide à combler les blancs dans tes paroles, quand les mots ne viennent plus…tu m’aides à découvrir un nouveau sens aux mots que je connais déjà. Je passe du temps assise à tes côtés, à te parler, à me promener avec toi… ma compagnie te fait plaisir, sans que tu éprouves le besoin de ne rien demander.

Je sais qu’à tes yeux, je suis quelqu’un de spécial. Je l’entends dans ta voix, je le vois dans tes yeux et même dans ton sourire. Tu es très différente maintenant, mais de bien des façons, tu es toujours la même. Tu veux toujours que je mange, mange, mange… que je me pelotonne et fasse la sieste avec toi. D’une manière qui n’appartient qu’à toi, tu me demandes si je suis heureuse et si ma vie est riche de sens.

Tu restes mon professeur. Les jours qui rayonnent de lumière, je vois et j’absorbe ta sagesse et ton intelligence. Les jours d’obscurité, tu m’inspires à découvrir de nouvelles ressources au fond de moi pour te témoigner l’amour, la gentillesse et la patience que tu mérites.

D’une façon remarquable, cette maladie qui s’est mise entre nous, nous a rapprochées encore plus. Ces instants passés ensemble, nous les chérirons pour toujours. Nous ne partageons plus les mêmes souvenirs, mais ensemble nous en créons de nouveaux.

 

Traduction et Adaptation du Tsiporah Trom

 



A PROPOS DE L'AUTEUR
Jan WEBER
Jan Weber est écrivain et photographe. Elle vit à Margate, dans le New Jersey, avec son mari et ses deux enfants.


COMMENTAIRE(S) DE VISITEUR(S)  1
grand mère alzeimer - 18 Octobre 2004 <jeanine.collado@fre.fr>
c est trés beau et émouvant et trés fort
ma maman a cette maladie et j ai trés peur car c est moi qui me reconnait plus
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